Patrick Sèbe
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Avantages et inconvénients des CMS headless pour les éditeurs de contenu

7 minutes de lecture

Vous éditez un site ou rédigez du contenu que vous publiez dans WordPress, Drupal etc ? Avez-vous déjà copié-collé du contenu d’un outil à l’autre faute d’une solution unique pour communiquer vers tous les supports ? Ou désinstallé un plugin car il avait cassé votre site ?

Si oui, vous avez sans doute besoin d’un CMS headless. Chez Troopers, nous développons des sites appuyés sur un CMS headless pour aider les chargés de communication, content managers et autres rédacteurs de toutes sortes à se concentrer sur le contenu. Pourquoi ? C’est principalement pour des raisons techniques que nous avons fait ce choix, mais un CMS headless présente aussi des avantages pour les éditeurs de contenu.

L’un de mes arguments en faveur du headless (qui frise l’anti-vente) est qu’un CMS headless fait moins de choses qu’un CMS classique.

Avec un CMS classique, vous voyez ceci :

Vue complexe pilotage

On peut faire tellement de choses, mais certains boutons ne servent qu'une fois !

Avec un CMS headless, vous voyez cela :

Pilotage-simplifié

Il y a moins de boutons mais c’est plus facile de s’en servir !

Il y a de bonnes chances que vous n’ayez pas besoin d’un CMS headless si :

  • une seule personne gère votre site ;
  • c’est votre premier site Web ou vous démarrez l’activité pour le financer ;
  • vous devez faire un site très simple comme un site vitrine.

En revanche vous avez besoin d’un CMS headless si :

  • différents profils (techniques ou non) s’occupent de votre site ;
  • vous gérez de grandes quantités de contenu comme un site corporate ;
  • vous devez vous connecter de manière personnalisée à d’autres services (moteur de recherche, solution e-commerce).

Quels avantages au CMS headless pour les éditeurs de contenu ?

Si vous n’êtes pas à l’origine du choix d’un tel CMS en tant qu’éditeur de contenu, vous êtes en première ligne pour l’utilisation. Il y a trois avantages principaux, vous pouvez :

  1. composer des pages sur-mesure ;

  2. gérer tous vos contenus au même endroit avec une logique de multi-diffusion ;

  3. ne pas (trop) vous préoccuper des questions techniques.

Détaillons ces points en profondeur à la première personne car c’est vous le héros !

1. Composer des pages sur-mesure

Dans l’interface du CMS, je choisis le type de page que je souhaite créer (landing page, produit, article, etc.) et remplis le gabarit (ou template) préparé par les développeurs. Comme dans un CMS classique, j’insère des images et mets en forme mon contenu avant publication.

Je peux insérer à la carte de nouveaux blocs de contenus : un bouton, un formulaire, un encadré, une citation, etc. C’est ce qu’on appelle couramment un “page builder”, c’est-à-dire un constructeur de pages. À chaque fois les informations SEO de mes pages (par exemple la balise “alt” d’une image) sont éditables dans la même interface.

Widgets Strapi

Inception, l’article que vous êtes en train de lire dans notre CMS. Les blocs de contenu, appelés Widget dans Strapi, sont ajoutables à la demande.

2. Avoir toutes les infos au même endroit

Le deuxième effet bénéfique est qu’un CMS headless est un peu comme un guichet unique : puisque tout mon contenu se trouve au même endroit, je peux le réutiliser pour différents canaux de communication. Ainsi une newsletter pourra être assemblée sur la base d’autres contenus présents dans le CMS sans les saisir une seconde fois. C’est aussi vrai pour les différents sites sur lesquels vous contribuez. Les CMS headless se configurent plus facilement pour gérer plusieurs sites (comme un site vitrine et son blog), le multilingue et le multisite. Chez Troopers, nous gérons notre blog et notre site depuis la même interface.

Nous avons le cas d’un client organisateur d’un salon qui doit copier-coller plusieurs champs sur la centaine d'évènements saisis dans son outil de gestion vers un WordPress pour simplement publier en ligne le programme de l'événement. Comme vous l’avez compris, dès que nous aurons passé ce client sur un CMS headless, cette corvée n’existera plus ! Son équipe pourra gérer les évènements et mettre le site à jour sans dupliquer le contenu.

3. Ne pas (trop) se préoccuper des questions techniques

Ah cette sensation d’avoir “cassé le site”… souvent suivi d’une dépublication dans l’urgence en perdant son contenu. Avec un CMS headless, le site n’est jamais est rarement cassé et le contenu n’est jamais perdu car il est stocké dans une base de données s-é-p-a-r-é-e du reste du site.

Finis aussi les cocktails exotiques de plugins : vous n’y avez plus accès car toutes les connexions sont paramétrées dans le code et seule l’équipe de développement y a accès. Si vous avez besoin de paramétrer alors vous pouvez les contacter, si le besoin est plus fréquent alors un développement spécifique vous permet d’agir sans danger sur des paramètres précis.

Enfin, les changements de technologie, de serveur etc ne vous empêchent plus d’accéder à votre interface car elle est indépendante. Il en va de même pour les migrations ou les refontes, le contenu est à l’abri et utilisable à loisir sans attendre comme une mise à jour logicielle ou le redémarrage du serveur.

Quels inconvénients présentent les CMS headless ?

Beaucoup d’éditeurs de contenus arrivent de WordPress et sont habitués à une grande liberté d’action. Au fil des projets où nous avons installé des CMS headless, nous avons eu plusieurs retours d’utilisateurs :

1. Éditer un contenu long est parfois plus difficile

Pour éditer un contenu, chaque contributeur dispose d’un éditeur de texte assez classique dans lequel il est possible d’ajouter des images. Pour ajouter une image accompagnée de sa balise alt et sa légende, l’ajout d’une section est indispensable et nécessite de séparer son texte en deux, pour qu’il entoure l’image. Votre texte sera alors dans plusieurs sections ce qui peut créer un peu de confusion quand il faut retrouver un passage en particulier.

Certains éditeurs se plaignent aussi de l’interface de l’éditeur de texte qui a un rendu markdown. Les développeurs y sont plus habitués que les autres métiers. Heureusement, il est toujours possible de faire une prévisualisation sans publier son contenu et d’utiliser les boutons de l’éditeur pour faire ces mises en forme.

Exemple de markdown

Le markdown : un truc de devs, par les devs et… principalement pour les devs.

2. Il est dur de savoir quel type de contenu ou blocs il faut utiliser

Que ce soit Strapi ou Prismic, les deux proposent des blocs de contenus librement intégrables. Cette liberté vient avec un revers : on ne sait pas toujours quel sera le rendu graphique d’un contenu ni quelle est l’utilité éditoriale du bloc que l’on sélectionne.

Évidemment, il est impossible d’hésiter entre un bloc “formulaire” et un bloc “newsletter”, mais entre un “CTA” et un “CTA push”, il y a matière à hésiter sans que le nommage du bloc soit forcément en cause. Imaginez ce que ça donne quand certains de nos clients ont une trentaine de ces blocs et tout autant de gabarits.

Nous avons mis en place des catalogues de gabarits et de blocs sous forme de PDF ou de Storybook. Les éditeurs de contenu ont ainsi un aperçu du rendu graphique du blog et des recommandations éditoriales.

Capture-de-storybook

Le storybook d’un de nos projets sur un composant bannière.

Heureusement, la possibilité de prévisualiser les contenus existe toujours et permet de tester rapidement un contenu. Prismic est plus en avance sur ce point et propose depuis peu les variations avec un affichage du rendu lors de la phase de sélection.

Capture-prismic

Les blocs de contenu permettent de comprendre visuellement le rendu final.

La place du contenu dans un projet de site avec un CMS headless

En tant que rédacteur de contenu, les CMS headless vous mettent à l’abri des soucis techniques. Pour autant, il ne faut pas vous cantonner au contenu. Que ce soit à la création ou à la refonte d’un site, faites remonter vos besoins auprès des développeurs pour être sûr d’être satisfait lors de votre première utilisation. En effet, c’est vous qui connaissez le mieux votre site et la structuration du contenu, notamment les blocs de contenu les plus utiles ou ceux qui vous manquent.

La création des blocs de contenu demande beaucoup de rigueur et un peu de temps. Il vous faudra parfois choisir entre liberté totale et liberté guidée pour vos blocs de contenus. Par exemple, vous aurez rarement besoin de créer de nouvelles catégories d’articles de blog et pouvez solliciter les développeurs pour le faire, mais vous avez besoin de pouvoir modifier le nom des rubriques du menu du site sans passer par eux.

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